Des produits et des hommes

Qualité, prix, fraîcheur, contacts humains…les valeurs du Carreau francilien

Ici au Carreau, tout le monde se connaît. On se tutoie, on se rudoie, on s’apostrophe par des petits noms qui disent la complicité, la fidélité, et bien sûr la confiance. Il y a les noms de toujours, ceux qui ont marqué l’histoire des Producteurs sur le MIN, ceux qui révèlent les générations mêlant les anciens aux plus jeunes : la famille Olivier, la « môme Beausse », le « Père Sauvage », le « Gabin du Carreau », « le Petit Armand » ou « les frères Landreau »… Il y a aussi les noms qui, gages de qualité, ont effacé l’identité du producteur au profit de sa production : « Madame Cresson », « Le producteur d’asperges », « les bouquets de Marie »… Voilà pour les producteurs ! Du côté des acheteurs, qui circulent à vélo, ou à pied, le carnet de commandes à la main, on reconnaît chaque matin Bébé, Kopi, Natasha, Jojo et son compère Sydney et tant d’autres encore…
Au Carreau, ce sont bien sûr des produits de qualité que l’on vient chercher, de la fraîcheur, des prix. Mais c’est sans doute aussi, ce contact humain à nul autre pareil, cette écoute réciproque, ce respect mutuel entre producteurs et acheteurs qui magnifie le produit.

 

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"Les clients viennent ici pour la qualité"
On vient chez lui pour sa rhubarbe, mais aussi parce qu’il est la mémoire vive du Carreau. Il sait vous raconter le travail en famille sur l’exploitation et la vie sur les Halles à Paris : les 25 Km aller puis retour qu’il fallait faire chaque jour à cheval par tous les temps pour « placer » au Baltard, les fêtards qui finissaient immanquablement la nuit au Quartier St Eustache, les paniers à 1 franc que l’on préparait, le samedi pour les ménagères du premier métro. « Ah, on avait beaucoup de travail, pas de matériel et tout se faisait à la main… mais quelle ambiance ! ». En venant à Rungis, explique le Père Sauvage, on a bien évidemment simplifié le travail : « Plus de place, (qui était d’ailleurs réservée), plus de confort aussi : nous étions à l’abri et nos camions laissés à proximité… ».
Après presque 50 années de vie sur « les Halles », il ne voulait pas - selon ses propres mots - « finir sans être passé par le nouveau Carreau ». « C’est bien ici », dit-il, « on est à l’abri, la marchandise est protégée, on est regroupé entre producteurs, j’ai retrouvé des amis, si bien que le Carreau donne l’impression d’un grand marché de province. C’est sympa ! ». S’il avait un conseil à donner à un jeune qui voudrait s’installer ce serait un seul credo : continuer à faire de la qualité. « Les clients viennent ici pour cela : la qua-li-té ! » explique-t-il avec conviction. On ne doit pas tuer la qualité au profit de la quantité !

"C’est la saison qui rythme ma production " Il parle de ses asperges comme d’une femme dont il serait amoureux. Il sait vous décrire ses formes, sa taille, sa chair… Si bien qu’en écoutant Jean Pacheco vous vous rendez bien compte qu’au-delà du produit qu’il a à vous vendre, il se passe quelque chose, comme une alchimie.
Vous comprenez que l’on ne peut pas forcer la terre, que l’on est tributaire des caprices du ciel et que, quoique l’on dise, il y a bien des saisons. Et puis surtout, vous vous dites que vraiment, acheter un produit, c’est rencontrer une histoire. « Moi, je ne fais que des asperges. J’adore ce produit, que j’ai découvert tout petit ! Je suis sur le Carreau du 1er avril au 15 juin. C’est la saison qui rythme ma production ».
Pour être aux aurores sur le Carreau, il cueille et emballe la veille. «Je sais ce que viennent chercher mes clients : la fraîcheur et la garantie d’un produit de qualité. Je travaille pour ne pas les décevoir ! »

"Je suis les yeux de mes clients qui recherchent des idées nouvelles au meilleur prix " Sur le Marché de Rungis, Natasha connaît tous les coins et recoins. Elle vient de Dublin et travaille en direct avec le haut de gamme des restaurateurs et hôteliers anglo-saxons. « Je suis les yeux de mes clients qui recherchent sans cesse des idées nouvelles, des produits de qualité et aussi des prix ! Je sais ne jamais être déçue en venant sur le Carreau. Il y a peu, j’ai découvert une petite salade romaine rouge et blanche, jamais vue avant, et extra ! Ici, la fraîcheur est incomparable. Depuis la construction du Carreau, j’ai rencontré des nouveaux producteurs tout en restant fidèle à mes anciens fournisseurs… Il est vraiment plus facile de faire ses achats sous un seul bâtiment ».
Chaque mois, Natasha, fait un rapport sur les nouveautés glanées sur le Carreau, qu’elle adresse ensuite à ses restaurateurs et clients. Et chaque mois, il y a tant de choses à dire !

"Je viens pour dénicher des goûts nouveaux et des saveurs à faire partager à mes clients " « Je sais que le meilleur de la saison est ici ! » déclare sans ambages Stephan Delhommel, un jeune restaurateur qui tient une auberge : « Le Corne Biche » à Arbonne-La-Forêt (77).
« Je modifie ma carte toutes les cinq semaines afin de rester au plus près des produits de saison. Ici je sais pouvoir compter sur la proximité, la réactivité de mes fournisseurs. J’avais par exemple remarqué que le mesclun était coupé trop gros. J’en ai fait part au producteur chez qui je me fournissais. Il a aussitôt modifié sa coupe. J’ai donc désormais un produit adapté à ma demande. C’est presque du « sur mesure » au prix le plus juste. Je viens donc pour dénicher des goûts et des saveurs nouveaux. J’ai trouvé des herbes aromatiques fraîches excellentes. Des noms anciens : de l’hysope, de la marjolaine, de la mélisse, que je m’amuse à décliner sur ma carte. En venant sur le Carreau j’apporte une réelle valeur ajoutée à mes propres clients.»