La génèse

La génèse du Carreau

La production maraîchère et arboricole à la périphérie de la ville, en ceinture verte, est une tradition de très longue date en Ile-de-France du fait de la proximité de débouchés importants pour des produits frais.

Les producteurs de la ceinture verte parisienne commercialisaient directement aux citadins sur les marchés des villes et aux Halles de Paris. Leur proximité géographique constituait un atout concurrentiel important. Aux Halles de Paris, les producteurs s’installaient en plein air autour des pavillons pour vendre leurs produits d’où le nom de carreau des producteurs.

L’arrivée sur le Marché de Rungis

En 1969, les producteurs, comme tous les opérateurs des Halles, déménagent de Paris à Rungis. Sur le nouveau marché, ils commercialisent leurs productions sous des auvents qui leur sont réservés situés dans le prolongement des bâtiments des grossistes. La concurrence s’accroît sur le marché francilien et en particulier à Rungis du fait de l’amélioration de la logistique et de la capacité collective développée par les producteurs des régions rurales françaises plus éloignées et, surtout, par l’arrivée de produits de l’étranger. Cette ouverture du marché diminue l’avantage des producteurs franciliens dû à leur proximité géographique et placent les producteurs franciliens de fruits et légumes dans des situations économiques difficiles : leur nombre décroît. Cette diminution des exploitations s’explique par une concurrence accrue mais aussi par des difficultés spécifiques nées de la proximité de la ville. Cependant les producteurs franciliens conservent des atouts indéniables : fraîcheur, qualité et diversité de leurs produits qui leur permettent de conserver une production relativement importante en Ile-de-France. Sur le MIN de Rungis, au fil des années, les exigences des acheteurs vis-à-vis de la qualité des produits augmentent et ces auvents ne se révèlent pas adaptés pour la commercialisation des produits frais (pas d’isolation, pas de stockage au froid, pas de quais…).

Une demande de l’AIDPFL

En 1997, les producteurs regroupés au sein de l’AIDPFL (association interdépartementale des producteurs de fruits et légumes) et soutenus par la Chambre régionale d’agriculture, décident donc de saisir la SEMMARIS afin d’étudier une restructuration de leurs lieux de vente et d’améliorer leurs conditions de commercialisation sur le marché. Des financements complémentaires sont nécessaires afin d’alléger le coût des travaux pour les producteurs. A leur demande, l’Etat (Préfecture de la région et Direction régionale et interdépartementale de l’agriculture et de la forêt d’Ile-de-France) et le Conseil régional d’Ile-de-France décident de soutenir ce projet de rénovation en l’inscrivant au Contrat de Plan Etat-Région 2000-2006. Ce projet s’inscrit pleinement dans la politique de l’Etat et de la Région en Ile-de-France qui a pour objectif la pérennisation de ces exploitations agricoles périurbaines, essentielles sur le plan économique, de l’emploi et du maintien d’espaces ouverts et de paysages agricoles en zone périurbaine. Il devrait participer à préserver l’agriculture francilienne périurbaine en améliorant la mise en valeur de la qualité des productions franciliennes et donc les débouchés de ces agriculteurs. 

Une démarche collective

Regrouper l’ensemble des producteurs sous un même bâtiment devrait aussi permettre de mieux identifier ces producteurs de proximité par rapport aux grossistes et devrait favoriser l’émergence de démarches collectives en matière de communication, qualité, traçabilité… Des Conseils généraux ont également souhaité s’associer au projet étant donné l’importance de ce projet pour l’agriculture légumière et fruitière de leurs départements ainsi que l’importance du Carreau pour l’approvisionnement du commerce de détail et des restaurateurs. Grâce à la mobilisation et à la concertation de l’ensemble des partenaires (financeurs publics, producteurs et leurs représentants, SEMMARIS), un projet a été élaboré, sur la base d’un audit auprès des utilisateurs du carreau (acheteurs et vendeurs), qui a permis d’aboutir au bâtiment actuel.