Ile de France

Dossier rédigé par Rungis Actualités en Avril 2009  

L'Ile de France est l'une des plus importantes agglomérations urbaines d'Europe mais également une grande région rurale et agricole. Cette dualité lui confère une originalité et une attractivité spécifiques. De même, la richesse de son patrimoine et la multiplicité de ses savoir-faire lui ont permis d'acquérir une renommée internationale...

Développée autour de Paris, l'Ile de France est l'une des 26 régions et comprend 8 départements regroupant 1281 communes. Elle s'étend sur 12 012 km2 soit 2,2% du territoire national. Berceau de la monarchie capétienne, elle fut divisée en cinq départements après la Révolution puis reconstituée après 1945 à partir de la Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise et portée à huit en 1965. Autour de Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne forment la petite couronne. Le Val d’Oise, les Yvelines, l’Essonne, la Seine-et-Marne constituent la grande couronne. En 1976, le district de la région parisienne devient la région Ile de France. Victime d'une intense urbanisation, aujourd'hui encadrée, l'Ile de France a perdu 100 000 ha de terres fertiles au cours des cinquante dernières années. Celle-ci bénéficie d'un climat tempéré, ouvert aux influences océaniques et continentales. Envahie par la mer, il y a 250 millions d'années, son paysage se compose d'une série de plaines, de plateaux surmontés de buttes sableuses et de vallées. D'origine sédimentaire, son relief se caractérise par la prédominance de surfaces quasi horizontales. Située au carrefour des échanges européens et mondiaux, l'Ile de France tient une place prépondérante dans l'économie nationale (29% du PIB français) et bien que réalisant 83% de sa valeur ajoutée dans les services, elle reste néanmoins très diversifiée.

 

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L’activité agroalimentaire francilienne représente un secteur économique de première importance face à un marché de 11 millions de consommateurs. D’une superficie totale de 583 000 hectares agricoles (50% de la surface de la région), l’agriculture est surtout développée en Seine-et-Marne (58% du département). On compte environ 5 600 exploitations agricoles, quelque 30 000 emplois et plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires dont 35% à l’export. Située au cœur du bassin céréalier, l’Ile de France est traditionnellement une région de grandes cultures dont le blé tendre est la production phare avec 242 960 hectares, loin devant le colza (80 230 ha), l’orge (72 365 ha), le maïs (28 007 ha). Réparti de façon homogène dans les zones de grandes cultures, le blé représente 44% de la SAU sur l’ensemble de la région. L’orge se concentre surtout dans le Gâtinais, au sud de la région. La production betteravière représente 10% de la récolte nationale avec 40 170 ha, la Seine-et-Marne et le Val d’Oise étant les principaux producteurs. A l’image des zones céréalières, l’Ile de France compte peu de prairies naturelles et n’est pas une grande région d’élevage.

L’élevage bovin comptait en 2007 près de 32 500 têtes dont 7 240 vaches laitières, 6400 vaches allaitantes, réparties en 500 élevages dont 350 allaitants et engraisseurs. S’il est surtout dominé par la race Prim’Holstein, le troupeau allaitant est également composé de charolaise, limousine, blonde d’aquitaine et salers. L’élevage bovin est surtout concentré à l’est de la Seine-et-Marne, dans la zone de production du fromage de brie et à l’ouest, dans le Vexin. L’élevage ovin comprend 13 586 têtes dont 8 856 brebis répartis entre 500 éleveurs. Le mouton de race Ile de France, issu du croisement entre le mérinos et le dishley anglais, représente 43% du cheptel ovin. Le cheptel caprin s’élève à 1883 têtes et les élevages les plus importants sont tournés vers la production de lait ou de fromage. L’élevage bovin comptait en 2007 près de 32 500 têtes dont 7 240 vaches laitières, 6400 vaches allaitantes, réparties en 500 élevages dont 350 allaitants et engraisseurs. S’il est surtout dominé par la race Prim’Holstein, le troupeau allaitant est également composé de charolaise, limousine, blonde d’aquitaine et salers. L’élevage bovin est surtout concentré à l’est de la Seine-et-Marne, dans la zone de production du fromage de brie et à l’ouest, dans le Vexin. L’élevage ovin comprend 13 586 têtes dont 8 856 brebis répartis entre 500 éleveurs. Le mouton de race Ile de France, issu du croisement entre le mérinos et le dishley anglais, représente 43% du cheptel ovin. Le cheptel caprin s’élève à 1883 têtes et les élevages les plus importants sont tournés vers la production de lait ou de fromage.

Réparti sur 1700 ha, le maraîchage compte 370 exploitations dont 80 écoulent leurs productions sur le carreau du Marché de Rungis et emploie environ 1800 personnes. L’Ile de France est au premier rang pour le persil (48% des volumes nationaux), le poireau (30%), le cresson (44%) et le radis et au deuxième rang pour la salade (170 ha de culture, 120 000 pièces cueillies à la main/jour) et les oignons. Concernant les légumes, la région se distingue par des produits de qualité dont l’asperge d’Argenteuil (variétés : rose hâtive et violette tardive, avec un turion blanc important), le champignon de Paris (champignon de couche produit en galerie, blanc crémeux), le cresson de Méréville (deux variétés : le gros vert et le gros blond amélioré, production de spécialiste), le haricot chevrier (dit haricot d’Arpajon ou flageolet nain hâtif d’Etampes, haricot-grain de couleur verte), la salade (différentes variétés de laitue...), l’artichaut de Paris (variété : gros vert de Laon, production en baisse), le navet de la région parisienne (variétés : Viarmes, Croissy, Montesson, Freneuse, production francilienne très ancienne...). L’arboriculture fruitière compte 650 emplois pour 210 exploitations. Le verger francilien est composé principalement de pommes de table (53% dont la Faro, la plus ancienne de Brie, grosse, rouge sang, tendre, sucrée et acidulée...) et de poires (32% dont doyenné du comice, conférence et la poire de Groslay dite aussi de Montmagny, de Deuil, de St-Brice, qui est en fait un lieu de production de nombreuses variétés : conférence, comice, beurré Hardy, williams, louise bonne...). Les autres fruits franciliens sont la fraise francilienne (de Marcoussis, de la Bièvre, de l’Yvette, de Linas) et la reine-claude de Chambourcy (la variété tardive a remplacé la hâtive, plus petite, plus dorée, moins rouge)... Réputée pour la qualité de ses productions et son savoir-faire, l’Ile de France est aussi une grande région horticole. Elle est au deuxième rang pour la production de plantes en pots (cyclamen, bégonia...) et au quatrième rang pour les pépinières (soit un total de 1266 ha de cultures en pleine terre, 2 millions de conteneurs) et représente environ 245 entreprises et 1720 employés pour un chiffre d’affaires de 120 M€. Elle produit également des plantes à massifs (pensées, primevères, géraniums...) et des fleurs coupées... Enfin, l’Ile de France est occupée par un large massif forestier (25% de son territoire soit 278 000 ha) composé à 90% d’essences feuillues (dont chêne sessile et pédonculé, châtaigner...).

Héritière d’une tradition royale et populaire, la gastronomie francilienne reste une référence. Depuis des siècles, la région cultive un savoir faire élaboré à partir de produits et de spécialités renommés. Les produits laitiers sont nombreux et de qualité, avec une centaine de fromages dont les plus connus sont les bries (le meaux AOC, le melun AOC, le montereau, le nangis, le coulommiers, le fougerus), le boursault (ou lucullus), le fontainebleau (fromage frais), le délice de Saint-Cyr (triple crème) et plusieurs fromages de chèvre réputés... Les aromates et condiments regroupent la menthe douce et poivrée de Milly, la moutarde de Meaux, le safran du Gâtinais, le vinaigre de Lagny, les herbes aromatiques... Outre les viennoiseries et pains parisiens, les pâtisseries franciliennes sont des plus renommées. Parmi ces dernières, figurent le macaron lisse (bien parisien, cité par Rabelais en 1552), la niflette (spécialité de Provins, rond de pâte feuilletée et crème pâtissière à la fleur d’oranger...), la tarte bourdaloue (créée en 1824, du nom de la rue parisienne, pâte brisée garnie de poires pochées et base d’amandes...), le paris-brest (créé en 1881 à l’occasion de la course cycliste éponyme, pâte à chou en forme de roue, crème pâtissière pralinée, amandes effilées et sucre glace...). Héritière d’une tradition royale et populaire, la gastronomie francilienne reste une référence. Depuis des siècles, la région cultive un savoir faire élaboré à partir de produits et de spécialités renommés. Les produits laitiers sont nombreux et de qualité, avec une centaine de fromages dont les plus connus sont les bries (le meaux AOC, le melun AOC, le montereau, le nangis, le coulommiers, le fougerus), le boursault (ou lucullus), le fontainebleau (fromage frais), le délice de Saint-Cyr (triple crème) et plusieurs fromages de chèvre réputés... Les aromates et condiments regroupent la menthe douce et poivrée de Milly, la moutarde de Meaux, le safran du Gâtinais, le vinaigre de Lagny, les herbes aromatiques... Outre les viennoiseries et pains parisiens, les pâtisseries franciliennes sont des plus renommées. Parmi ces dernières, figurent le macaron lisse (bien parisien, cité par Rabelais en 1552), la niflette (spécialité de Provins, rond de pâte feuilletée et crème pâtissière à la fleur d’oranger...), la tarte bourdaloue (créée en 1824, du nom de la rue parisienne, pâte brisée garnie de poires pochées et base d’amandes...), le paris-brest (créé en 1881 à l’occasion de la course cycliste éponyme, pâte à chou en forme de roue, crème pâtissière pralinée, amandes effilées et sucre glace...).

Francis Duriez
Source :CESR, Conseil régional d’Ile de France, Préfecture de la Région Ile de France, DRIAAF Ile de France, Librairie Gourmande)

Quelques réactions de professionnels

Daniel Canepa (Préfet de la région d’Ile-de-France, Préfet de Paris)
« L’industrie agro alimentaire est l’un des secteurs les plus créateurs de richesse de notre région, que ce soit en termes d’emplois, de chiffre d’affaire et de valeur ajoutée, de performance dans notre commerce extérieur ou de dynamisme de nos territoires. Les IAA avec 3,2 Milliards d€ de CA contribuent à hauteur de 11% à la valeur ajoutée nationale des IAA, en tête des régions françaises. Ce secteur est constitué essentiellement de PME et TPE positionnées le plus souvent sur des produits très élaborés. Elles cohabitent avec les grands groupes, et des entités économiques de taille exceptionnelle : le MIN de Rungis, premier marché mondial du frais, et la présence de groupements d’achats publics de restauration collective les plus importants en France. La contribution des IAA à l’emploi régional est très importante avec près de 150 000 emplois, si l’on compte les emplois des industries de transformation, du commerce de gros alimentaire, de la restauration collective, des traiteurs... L’agriculture francilienne est une activité qui contribue à la vie économique régionale et à l’aménagement de notre territoire. Elle est accompagnée par l’Etat au travers de divers outils de politique publique :
- le développement agricole et rural dans le cadre de la mise en œuvre du FEADER avec des aides aux investissements des exploitations agricoles, des aides aux démarches environnementales, à la diversification de l’activité agricole et au développement local des territoires. 22M€ de FEADER sont mobilisés et en tout avec les contreparties de l’Etat, la région et les départements près de 100M€ sont mobilisables sur la période 2007-2013 ;
- le développement du bio : nous finalisons avec la région un plan bio pour soutenir cette filière en Ile de France ; - les aides à l’installation des jeunes agriculteurs ;
- les aides aux filières agricoles ou au développement économique des exploitations : les aides de la PAC bien sûr mais aussi les soutiens mis en œuvre dans le cadre du CPER pour soutenir l’expérimentation et l’appui technique dans les filières de l’élevage et de l’agriculture spécialisée.
Ces dispositifs sont mis en œuvre en partenariat avec le Conseil régional qui a ses propres outils d’intervention avec une articulation que nous avons conçu ensemble. Dans le domaine des aides aux entreprises agroalimentaires un travail a été conduit, pilotée par la DRIAAF, avec la DRCE et la DRIRE et en partenariat avec le Conseil Régional pour formaliser un plan d’action régional de soutien aux IAA mobilisant des aides qualité, des aides à l’investissement, des aides à l’export…Ce plan d’action sera complété notamment à la suite des assises de l’agroalimentaire que j’ai récemment organisées avec l’appui de la DRIAAF, et qui ont débouché sur des propositions d’actions dont le travail permettra d’enrichir la démarche engagée au niveau national pour accompagner la compétitivité des IAA. Je me permets de rappeler que la DRIAAF a compétence alimentaire depuis le 1er janvier 2009... ».

Jean-Paul Huchon (Président du Conseil Régional d’Ile-de-France)
« Par réflexe, on n’associe pas la Région Ile-de-France à l’agriculture. D’autres images viennent à l’esprit, y compris dans la tête des Franciliens. Ces images ne correspondent pas à la réalité. Si l’Ile-de-France est une terre industrielle, une terre de recherche ou encore une terre de patrimoine, elle est aussi une grande région agricole et agroalimentaire. Sur les 1300 communes d’Ile de France, les deux tiers correspondent à un espace à dominante rurale et un tiers des communes est à dominante agricole. La filière agricole compte plus de 6000 exploitations et emploie près de 25 000 personnes. Si l’on élargit à l’ensemble de la filière agroalimentaire, ce sont alors près de 7 150 entreprises et 95 000 emplois dont il est question. La Région Ile-de-France est une grande puissance agricole et agro-alimentaire, à l’échelle nationale comme à l’échelle mondiale. Le Conseil régional en a donc fait l’une de ses grandes priorités de développement. Dans le cadre de la programmation européenne de développement rural, nous avons été pour la première fois éligibles au Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural. Nous avons ainsi pu amplifier notre soutien au monde agricole déjà affirmé avec force par le Schéma Régional de Développement Economique et le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France. Nous apportons également un soutien important à l’agriculture de proximité et à l’agriculture biologique. Enfin, nous croyons beaucoup au développement de la recherche, notamment autour de la constitution d’un « pôle du vivant ». Les agro-sciences pour l’alimentation, la santé et l’environnement nous placent ainsi parmi les régions leaders dans le monde. Comme le prouve le Domaine d’Intérêt Majeur que nous avons créé ou encore les pôles d’excellence d’ampleur nationale comme l’Institut National Agronomique, l’Ecole Nationale Vétérinaire, l’INRA ou encore l’AFSSA. La filière agro-alimentaire du Val-de-Marne est très puissante avec près de 4000 établissements pour plus de 41 000 emplois directs. Surtout, grâce au Marché d’Intérêt National de Rungis, le Val-de-Marne est le premier département français du produit frais. Cet atout régional et national fait de Rungis non seulement un ventre nourricier pour l’ensemble du pays, mais également un pôle agro-alimentaire d’envergure européenne. Autour du MIN, des entreprises très importantes de production et de distribution se sont installées, créant de nombreux emplois. Dans le futur, ce secteur majeur sera conforté pour accueillir d’autres acteurs de cette importante filière économique. Enfin, le MIN a un rôle essentiel à jouer dans la réorganisation des circuits courts de distribution des produits issus de l’agriculture de proximité. Preuve, s’il en est, qu’en 40 ans de mutations et en dépit de son déménagement, le MIN de Rungis a su rester fidèle à la vocation première du Pavillon Baltard d’assurer qualité, sécurité et traçabilité des aliments... ».

Jacqueline PENEZ (Présidente du CERVIA Paris Ile-de-France)
« L’agriculture couvre la moitié du territoire régional et 5500 exploitations la font vivre avec 30 000 emplois et plus d’1 Md€ de CA. Les céréales sont largement dominantes mais les cultures spécialisées, maraîchage, arboriculture et horticulture, ont des productions significatives (salades, persil, radis, oignons blancs, cresson, pommes, poires…). Le Carreau des producteurs à Rungis est une illustration de ce dynamisme. En élevage, 2 AOC (bries de Meaux et de Melun) permettent de valoriser la production laitière très performante. En agroalimentaire, l’Ile-de-France se place en tête des régions françaises en valeur ajoutée et la filière représente autour de 150 000 emplois (non compris le commerce de détail et la restauration commerciale, également emblématiques). Le poids de ce secteur est néanmoins trop souvent occulté dans une région capitale qui dispose de très nombreuses industries de pointe. Le CERVIA a deux missions principales: la promotion des produits et des savoir-faire et le soutien aux entreprises. La promotion passe par des actions très variées: site internet, salons professionnels et grand public, actions pédagogiques auprès des jeunes, journées d’information, concours régionaux mais aussi un travail de fond avec les entreprises sur l’identification des produits régionaux. Il s’agit en un mot de valoriser la culture alimentaire francilienne. Quand le CERVIA a lancé en 2007 le 1er concours régional de l’innovation alimentaire, le Marché de Rungis a tout de suite répondu présent et s’est révélé un partenaire précieux, permettant une très belle remise des prix à Rungis le 30 septembre 2008. En 2009, le 40e anniversaire du déménagement des Halles de Paris ne pouvait que rapprocher le CERVIA du Marché de Rungis. Outre la communication au travers du stand Ile-de-France au SIA, deux manifestations permettent un nouveau partenariat : le Concours régional d’art culinaire pour les élèves de CFA et lycées hôteliers dont la finale se déroulera le 29 avril prochain à l’Espace Rungis et le colloque « Nourrir la région-capitale » qui se tiendra le 4 juin 2009 dans l’hémicycle du Conseil Régional où le Marché International de Rungis sera au centre des débats... ».

Sylvie Pasquet (Présidente de l’AIDPFL, membre de la Chambre régionale d’Agriculture d’Ile de France et de la Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne, productrice de légumes sur le Carreau des producteurs de Rungis)
« Située au sud de la Seine-et-Marne, notre exploitation est spécialisée dans la production de jeunes pousses de salade et plantes aromatiques que nous écoulons à parité sur le Carreau des producteurs de Rungis et à l’export. Nous sommes 80 producteurs présents sur le carreau de Rungis représentant 22 000 tonnes de produits par an (20 000 tonnes de légumes et 2000 tonnes de fruits). La production francilienne de fruits et légumes est désormais répartie en grande couronne alors qu’autrefois, elle était située en périphérie de Paris. Concernant la production fruitière dont la qualité et la renommée sont reconnues, elle a beaucoup diminué pour plusieurs raisons qui sont la forte urbanisation, le feu bactérien des vergers et surtout les importations massives de fruits à bas prix... Quant à la production légumière francilienne, elle se maintient grâce au vaste bassin de consommation qui l’entoure (11 millions de consommateurs et plusieurs dizaines de millions de touristes). La salade en est le produit phare en raison de sa grande fraîcheur car une salade coupée au petit matin est dans l’assiette du consommateur à midi. De plus, cette production légumière évolue sous la demande des restaurateurs et elle est parfaitement mise en valeur grâce au Marché de Rungis. Il y a une grande volonté d’innovation chez nos producteurs maraîchers réputés pour leur savoir faire. Pour toutes ces raisons, je reste confiante en l’avenir de notre activité... ».

Michel Caffin (Exploitant agricole - Président de la Chambre régionale d’agriculture de Seine-et-Marne - Ile de France - Vice-président de la Caisse régionale du Crédit Agricole d’Ile-de-France - Conseiller régional d’Ile-de-France)
« La région Ile-de-France est une grande région agricole avec 50% de son territoire dédié à l’agriculture et 25% à la forêt. La production agricole francilienne ne représente que 1% du territoire national, mais elle est particulièrement bien placée au niveau des grandes cultures végétales (céréales, colza, oléagineux, betterave sucrière...), au niveau de l’élevage et des productions fruitières, légumières (salades), arboricoles et horticoles... C’est une région riche et diverse par le nombre et la spécificité de ses territoires et la qualité de ses productions mais encore insuffisantes. En effet, avec environ 6000 exploitants agricoles pour un bassin de 11 millions de consommateurs, la mise en adéquation reste difficile entre une offre totalement variable (aléas climatiques, cyclicité des productions, coûts de production et de main d’œuvre...) et une demande constante. Au bénéfice de nos producteurs, on assiste à un regain des circuits courts qui permettent une meilleure valorisation des produits et dans un souci de développement durable. Aujourd’hui, une production de proximité a de plus en plus de sens et à cet égard, le carreau des producteurs de Rungis est une entité intéressante pour l’image, la distribution et le développement de nos productions. Il en est de même du Cervia dont le rôle est essentiel en matière de promotion et de valorisation des productions franciliennes existantes et naissantes... Autre secteur d’importance en Ile-de-France, l’industrie agroalimentaire dont le poids macroéconomique est immense. Mais, il s’agit surtout d’une industrie de deuxième transformation alors que notre agriculture nécessite une industrie de première transformation, en grande partie repoussée à l’extérieur de notre région. D’autre part, la pression urbaine aujourd’hui contenue, a été longtemps un frein au développement voire à la stabilité de nos différentes productions agricoles. Mais au-delà de ces contraintes, je reste optimiste quant au devenir de la région en raison de ses capacités et de ses modes de production, du niveau de compétence de ses professionnels via nos centres de recherche agronomique et de la très forte demande des consommateurs... ».

Philippe Mauguin (Directeur régional et interdépartemental de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Ile-de-France)
« Composée de huit départements, l’Ile-de-France est une grande région agricole et rurale, avec 50% de sa superficie dédiée à l’agriculture et 25% à la forêt. Elle représente également un important pôle agroalimentaire, au cœur du premier bassin de consommation de France avec onze millions de franciliens et 40 millions de touristes par an. Ce secteur agroalimentaire est composé de nombreuses PME de première, deuxième et troisième transformation, du négoce dont une majorité à Rungis, de la RHD et du secteur traiteur. L’ensemble formé par l’agroalimentaire, l’agriculture et les travaux paysagers représente quelque 200 000 emplois et se place au premier rang du bassin d’emplois en Ile-de-France... Les départements de la grande couronne s’inscrivent dans les grandes régions agricoles historiques (la Beauce, le Grand Plateau commun à la région Centre, la Brie, la Plaine de France, la Thiérache et le Gâtinais) formant depuis longtemps le « grenier à blé de la France », avec des rendements en céréales et en betteraves parmi les plus élevés d’Europe... De plus, le maraîchage, l’arboriculture fruitière et ornementale, l’horticulture et l’élevage constituent une activité économique dynamique et de poids en Ile-de-France. Les productions franciliennes disposent d’atouts maîtres que sont la fraîcheur, la qualité et la rapidité, à l’exemple de la salade qui peut arriver en moins de vingt-quatre heures après cueillette dans l’assiette du consommateur, via le Marché de Rungis et son carreau des producteurs... Par ailleurs, la gamme des produits franciliens est particulièrement riche et diverse : fromages (dont deux bries AOC, des fromages de chèvre), fruits et légumes (1er rang pour le cresson et champignon de Paris), herbes aromatiques (1er rang pour le persil, menthe poivrée), bières (de Brie et du Gâtinais), produits « bio », charcuteries, confitures, pains et viennoiseries... Autant de produits de grande qualité qui font de l’Ile-de-France, l’une des plus importantes régions agro-alimentaires de notre pays... ».

Gérard Gratiot (Affineur, dirigeant de la société Gratiot - secteur PLA de Rungis)
« Notre entreprise a une activité d’affinage (10% du CA) et de négoce en fromages traditionnels. Nous affinons des fromages franciliens dont le brie de Meaux et le brie de Melun, les deux AOC d’Ile de France originaires de Seine-et-Marne. Il faut de cinq à six semaines pour affiner un brie de Meaux et de douze à quatorze semaines pour un brie de Melun. Notre affinage traditionnel permet d’obtenir une pigmentation légèrement plus rouge, à l’image des fromages d’antan. Nous commercialisons aussi les autres fromages franciliens : coulommiers, brie de Provins, brie de Nangis, royal briard... Les fromages franciliens sont surtout des pâtes molles à croûte fleurie au lait de vache de plaine, notamment de race prim’holstein. En 2008, la production du brie de Meaux a légèrement baissé et celle du brie de Melun est restée linéaire. Après 1981, la zone d’appellation a été étendue à la Meuse, la Marne et la Haute-Marne... Mais l’Ile de France est riche d’autres fromages dont les petits chèvres et les petits « cœurs » au lait de vache. C’est une belle région fromagère qui tire ses lettres de noblesse de la grande qualité de ses produits... ».

Chantal Brossard (Gérante du POPB adhérent du GIE Alliance, productrice de fleurs coupées à Rungis)
Nous produisons de la fleur coupée francilienne dont le dahlia, le pois de senteur, l’arum, le muguet, la jacinthe, la reine-marguerite, le delphinium, le mini-œillet... L’horticulture francilienne est de belle qualité mais elle se réduit au fil des ans. Sa qualité est déterminante face à la concurrence des pays exportateurs (Pays-Bas, Colombie, Israël...) et sa valorisation réside dans sa grande fraîcheur et sa présentation. Etre à Rungis permet d’avoir des fleurs de moins de 24h de coupe et c’est une force. Cependant, notre production devient plus périodique en raison des charges de chauffage des serres en hiver. De plus, il est difficile de trouver une main d’œuvre qualifiée. De fait, il nous faut diminuer nos volumes pour réduire nos frais et travailler davantage en flux tendus, avec moins de variétés et d’espèces. Néanmoins, la production francilienne garde toute sa place car il y a des produits que l’on ne trouve pas ailleurs. Mais, faute de flux suffisants à Rungis, certains producteurs franciliens cherchent d’autres débouchés. En fait, les horticulteurs concernés auraient du se regrouper depuis vingt ans en un grand groupement d’intérêt économique pour mieux pérenniser la production francilienne. Mais, grâce à ses qualités, celle-ci est encore debout... ».

Jackie Théart (Secrétaire général du Syndicat des horticulteurs d’Ile-de-France, Président de l’APHUMR, dirigeant de la société SCH. Théart - secteur des producteurs horticoles de Rungis)
« Notre production concerne les plantes en pots, les plantes à massifs, les bisannuelles et en partie les plantes d’intérieur, soit 3 millions de plantes à massifs l’an (annuelles et bisannuelles comprises) et 200 000 plantes en pots... L’horticulture francilienne est composée de petites entreprises en majorité, de moyennes entreprises et de quelques grosses entreprises dont la notre. Avec l’urbanisation, aujourd’hui limitée, beaucoup d’entreprises de proximité ont disparu, d’autres se sont éloignées vers la grande couronne et les plus importantes ont migré en province. La production francilienne a évolué avec la clientèle. Il y a quarante ans, celle-ci était faite de petits fleuristes, de grainetiers de centre-ville et de commerçants sur marchés. Aujourd’hui, elle est remplacée par la grande distribution, le libre-service, les grandes enseignes, les entreprises paysagistes et les collectivités locales... Si la qualité reste l’apanage de notre production, il a fallu s’adapter au marché par des rendements plus conséquents et le développement de nouvelles gammes (variétés, coloris, formes...). Il faut sans cesse se démarquer, innover et créer pour rester compétitif face à la concurrence plus « industrielle » de nos voisins, et à cet égard, Rungis est un symbole et une magnifique vitrine. Enfin, l’Ile de France demeure un vaste bassin de consommation favorable la production florale francilienne... ».

Région

ILE-DE-FRANCE